RESTOR'MED FORESTS



Le projet RESTOR’MED FORESTS vise à mettre en place des actions de gestion durable des écosystèmes forestiers autour du bassin méditerranéen, afin de les rendre plus résilients et fonctionnels, tout en formant le personnel technique et en sensibilisant les populations riveraines. Il a également pour objectif d’impliquer la population locale à chaque étape de son déroulement, afin d’en faire un véritable acteur du développement de son territoire.

À l’heure actuelle, il se divise en deux volets nationaux : RESTOR’MED FORESTS Morocco et RESTOR’MED FOREST Lebanon.

Soutenu par la Fondation Groupe EDF, la Fondation Prince Albert II de Monaco et la Région SUD PACA, le projet RESTOR’MED FORESTS, est prévu pour une durée de 3ans et a démarré le 1er janvier 2021 pour se terminer le 31 décembre 2023.

Contexte

Le projet s’inscrit dans le cadre de la « Décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes » déclarée par l’Assemblée Générale de l’Organisation des Nations Unies (ONU). L’objectif de cette décennie est de renforcer massivement la restauration des écosystèmes dégradés et détruits, en tant que mesure pour lutter contre la crise climatique et de renforcer la sécurité alimentaire, l’approvisionnement en eau et la biodiversité. 

Il s’appuie sur le concept des Solutions fondées sur la Nature (SfN) développé par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) : il s’agit d’actions visant à protéger, restaurer et gérer de façon durable les écosystèmes naturels ou modifiés afin de relever les défis de la société tout en assurant le bien-être humain et en produisant des bénéfices pour la biodiversité. 3 types d’actions y sont répertoriées, dont la restauration d’écosystèmes dégradés ou la création de nouveaux écosystèmes. 

Le volet marocain du projet RESTOR’MED FORESTS se situe dans la région de Chefchaouen, dans le Parc National de Talassemtane, site à la biodiversité remarquable. La flore du parc compte en effet 11 espèces forestières majeures dont le sapin Abies Marocana endémique et emblématique. À celle-ci s’ajoutent 35 autres espèces endémiques, 15 espèces très rares et 11 espèces rares. Le parc est toutefois soumis à des contraintes liées à l’occupation agricole des terres, causant défrichement, érosion des sols et désertification de zones forestières ; ainsi qu’au risque d’incendie forestier. 

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Pâturage dans le Parc National de Talassemtane

Le volet libanais de RESTOR’MED FORESTS se déroule quant à lui sur deux sites distincts : la Réserve Naturelle de Bentael, et la forêt de Menjez, tous deux remarquables pour leur biodiversité. Le site de Bentael est en effet un hotspot de biodiversité déclarée Aire Importante pour les Oiseaux et la forêt village de Menjez abrite le chêne du Mont Tabor (Quercus ithaburensis, endémique, ainsi que de nombreuses espèces florales endémiques rares (Lathyrus basalticus, Verbascum blancheanum, Vicia hyaeniscianus…).

Le Nahr-al-Kabir, à Menjez

Objectifs

Le projet RESTOR’MED FORESTS a pour objectifs de mettre en place un mode de gestion durable et des actions de restauration sur les espaces forestiers marocains et libanais, considérés comme emblématiques, le tout dans une approche participative impliquant les populations riveraines à tous les niveaux. Ces actions permettront à ces écosystèmes de redevenir sains, résilients et fonctionnels, et ainsi de s’adapter aux changements climatiques et de contribuer à la diminution des risques d’incendie, de pullulation d’insectes ravageurs, à la protection de la biodiversité et au développement socio-économique des populations locales.

Au Maroc, ce projet donne lieu à une action de restauration sur une parcelle de 15 hectares dont les travaux ont commencé dès décembre 2021. Cette parcelle permettra de planter non seulement du pin maritime mais aussi d’effectuer du semis d’Abies Marocanna, à l’importance écologique et endémique élevée. Une pépinière villageoise sera de plus créée dans le cadre du projet, permettant d’assurer la durabilité des travaux de restauration.

Au Liban, 3h hectares d’espaces forestiers seront restaurés et diverses actions de taille ou de lutte biologique seront effectuées afin de lutter contre les épidémies subies par les pins pignons et les chênes.

Les deux projets permettent la création d’emplois saisonniers locaux pour les populations riveraines. En outre des actions de sensibilisation des scolaires et des populations locales, ainsi que le développement des connaissances et des compétences du personnel technique forestier auront lieu.

Les méthodologies mises en place et les résultats obtenus du projet seront capitalisés par l’AIFM et diffusés dans son réseau avant d’être présentés lors du 15ème Congrès Forestier Mondial à Séoul (République de Corée) en 2022. Chacun des deux volets du projet permettra aux partenaires locaux de venir présenter les résultats obtenus à Marseille à la fin de leur mise en œuvre.

Atelier de plantation de pin maritime du 9 janvier 2022 sur le site de Madissouka, dans le Parc National de Talassemtane

Partenariats

Au Maroc, l’AIFM travaille à la mise en œuvre du projet avec les partenaires suivants :

  • Le Département des Eaux et Forêts, représenté par la Direction Régionale des Eaux et Forêts et de la Lutte Contre la Désertification du Rif (DREFLCD-R) ;
  • L’Association Talassemtane pour l’Environnement et le Développement (ATED) ;
  • L’Association Marocaine des Sciences Régionales (AMSR) ;

Au Liban, l’AIFM travaille avec la Lebanon Reforestation Initiative (LRI), la Municipalité de Menjez et le Comité de gestion de la Réserve Naturelle de Bentael.

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